DIRECT. Joggeuse disparue en Mayenne : l’adolescente à nouveau entendue, un récit remis en question ?


JOGGEUSE DISPARUE. Une nouvelle audition de la joggeuse disparue en Mayenne est prévue vendredi 12 novembre 2021, alors que de nombreuses zones d’ombre subsistent dans le dossier. Le point sur l’enquête.

L’essentiel

  • Une nouvelle audition de la joggeuse disparue lundi 8 novembre en Mayenne, puis retrouvée le lendemain, est prévue ce vendredi 12 novembre 2021. Elle doit permettre d’éclairer de nombreuses zones d’ombre du premier témoignage qu’elle a fourni : entre l’incapacité de l’adolescente à décrire physiquement les agresseurs mentionnés, l’absence de camionnette verte sur les caméras de vidéosurveillance ou dans les récits des témoins et autres incohérences, la jeune fille va devoir se montrer plus précise, son témoignage servant de base au travail des enquêteurs.
  • Pour l’heure, tout traque du ou des potentiels kidnappeurs a été abandonnée sur le terrain, faute d’éclaircissements et de précisions.
  • Disparue lundi 8 novembre dernier, la jeune joggeuse a été hospitalisée après s’être réfugiée dans un restaurant de kebabs et de snacks de Sablé-sur-Sarthe. Elle est ensuite retournée à son domicile.

En direct

10:30 – Les gendarmes prélèvent un mystérieux sachet au domicile de la joggeuse

Après avoir passé plusieurs heures à l’hôpital d’Angers, la jeune fille disparue lundi 8 novembre a pu rentrer chez elle, à Saint-Brice, en fin d’après-midi mercredi 10 novembre. Dans la journée du 11 novembre, les gendarmes lui auraient rendu visite pendant seulement quelques minutes, pour ressortir du domicile avec un mystérieux sachet de prélèvements selon Les Nouvelles, dont la nature demeure, pour l’heure, inconnue. En tout cas, ce qu’il contient n’a pas été suffisant pour garder des enquêteurs sur le terrain, puisque les recherches d’un ou de plusieurs potentiels kidnappeurs sont à l’arrêt, au moins jusqu’à la prochaine audition de la jeune fille, qui aura lieu ce vendredi.

10:11 – Toute trace du kidnappeur abandonnée sur le terrain

Pour l’heure, faute d’éclaircissements de la jeune joggeuse et de signalements précis, toute traque d’un ou de plusieurs potentiels kidnappeur a été abandonnée sur le terrain. A voir si elle reprendra à la suite de la nouvelle audition de la jeune fille.

10:09 – Le récit de la jeune joggeuse remis en question ? (2/2)

Aucun détail non plus dans son récit sur la maison où elle affirme avoir été séquestrée, pas plus que sur le trajet qu’elle a parcouru de sa fuite jusqu’au restaurant où elle a été retrouvée. Enfin, le mobile de l’enlèvement, s’il a eu lieu, pose aussi question – la jeune fille, toujours selon Le Parisien, n’a jamais fait état de violences sexuelles. Pas plus que de violences physiques, du moins, pas dans la mesure dans laquelle elle en parle : là où la joggeuse de 17 ans aurait mentionné des coups de poing ne sembleraient y avoir que quelques égratignures. Enfin, la négligence des potentiels ravisseurs – qui lui confisquent téléphone et montre GPS pour les laisser à l’orée d’une forêt, en évidence – pose question aux enquêteurs.

Si elles laissent planer un doute sur une potentielle affabulation de la victime, ces zones d’ombres n’empêchent pas, pour l’heure, d’imaginer un scénario intermédiaire sur la disparition de la jeune joggeuse, entre le rapt et un autre type d’agression traumatisant. Pour rappel, pour l’heure, ces zones d’ombres doivent être remises dans le contexte de l’état de choc de l’adolescente.

09:45 – Le récit de la jeune joggeuse remis en question ? (1/2)

La jeune joggeuse disparue lundi 8 et réapparue le lendemain doit être de nouveau entendue ce vendredi 12 novembre, dans un contexte où sont pointées du doigt les zones d’ombres dans le récit qu’elle a donné aux enquêteurs mercredi dernier. Ce nouvel interrogatoire sera plus poussé et plus long que le premier, pendant lequel l’adolescente était alitée et en état de choc, ce qui pourrait expliquer les incohérences de son récit : “De nouveaux éléments corroborent les premiers doutes des enquêteurs. Il y a de plus en plus d’incohérences mais il faut être prudent. Elles pourraient aussi s’expliquer par l’état de la jeune femme au moment de sa première audition très brève”, confiait ce jeudi 11 novembre au Parisien une source proche des investigations. L’absence de témoins ayant aperçu la camionnette verte et l’incapacité des inspecteurs à repérer cette camionnette sur les caméras de vidéosurveillance, ainsi que l’impossibilité pour la joggeuse de se se souvenir du modèle de la camionnette, de sa marque ou de sa plaque d’immatriculation, ajoutent à ces doutes. En outre, les suspects mentionnés par l’adolescente n’ont pas été identifiés – et la jeune fille de 17 ans n’est pas parvenue à les décrire, là où elle n’a jamais parlé de cagoule qu’ils porteraient afin de dissimuler leur identité ou de bandeau qu’ils lui auraient mis sur les yeux.

09:04 – La “disparition” privilégiée à l’hypothèse de la “séquestration”

Que s’est-il passé lors de la journée entière suivant l’appel des parents de Lisa, jamais revenue de son footing le soir même ? Mercredi soir, la procureur a spécifié qu’il s’agissait plus aujourd’hui “d’une disparition”, que “d’une hypothèse”. Mais l’enquête est encore en cours pour parvenir à éclairer les éléments encore flous du dossier.

08:59 – Une nouvelle audition de l’adolescente prévue vendredi

La joggeuse de 17 ans sera à nouveau entendue par les enquêteurs vendredi 12 novembre 2021, ont appris Le Parisien et BFM TV. Une nouvelle étape qui s’annonce comme cruciale dans l’enquête car la reconstitution des faits s’avère difficile pour les enquêteurs. Ces derniers ne disposent que des éléments déclarés par l’adolescente, qui serait, sur certains aspects, incohérent. 

Il faudra attendre les déclarations de la procureure de la République ou du responsable de la cellule de gendarmerie en charge de l’enquête pour comprendre les circonstances de cette disparition. Il semble toutefois que la joggeuse ait été victime d’un rapt. Selon France Info, elle aurait elle-même assuré être parvenue à fuir des ravisseurs. Sur BFMTV, un témoin a assuré mercredi matin : “La fille se serait échappée du véhicule de son ravisseur et a trouvé refuge dans le kebab qui était à côté et a demandé de l’aide. Et, soudain, le ravisseur a pris la fuite”.

“Apparemment, elle se serait échappée du lieu où elle était retenue. Il y a déjà des éléments et les enquêteurs ont à leur disposition toutes les images de vidéosurveillance de la ville. Le déploiement va rester important pour retrouver le ou les auteurs de cet acte abject et les choses vont aller très vite”, a avancé, ce mercredi, le maire de Sablé-sur-Sarthe Nicolas Leudière, à l’antenne de RMC. “C’est un soulagement pour tout le monde, je l’ai vu dans le regard des gendarmes et également pour ses parents et sa famille, je pense qu’ils ont vécu des dernières 24 heures très dures”, a-t-il ajouté. Un peu plus tôt, dans la soirée de mardi, le parquet de Laval avait rendu publique la bonne nouvelle, indiquant que les investigations allaient se poursuivre “pour préciser l’emploi du temps de la jeune fille de cette dernière journée”.

La décision d’ouvrir une enquête pour enlèvement et séquestration mardi 9 novembre, avant que la jeune fille ne soit retrouvée, laisse également à penser que la piste du rapt est privilégiée par les enquêteurs en charge de l’affaire. Effectivement, au cours de la conférence de presse que la procureure de la République de Laval, Céline Maigné, avait donné mardi 9 aux alentours de 17 heures, elle avait déclaré : “Cette qualification d’enlèvement et séquestration est punie d’une peine délictuelle dans l’hypothèse où l’auteur des faits libère volontairement et rapidement la personne retenue”, semblant s’adresser à un éventuel ravisseur.

Au lendemain de sa disparition, les effectifs de forces de l’ordre mobilisés lors des recherches de la jeune fille avaient été considérablement augmentés. Mardi 9 novembre, en début d’après-midi, ce sont pas moins de 200 gendarmes de Mayenne, du Maine-et-Loire et de la Sarthe qui étaient mobilisés. Un escadron, une unité équestre, un hélicoptère venu de Rennes, deux équipes cynophiles et une brigade fluviale de Nantes ont aidé à rechercher l’adolescente. Dès lundi 8 au soir, l’enquête a été confiée à la section de recherches d’Angers et à la brigade de recherches de la compagnie de gendarmerie de Château-Gontier sur Mayenne, d’après le parquet. Mardi matin, vers 10 heures, un chien avait été amené au domicile de la famille et a également suivi le chemin que la jeune femme emprunte habituellement pour courir.

La veille, l’adolescente de 17 ans n’était pas rentrée de son jogging, qu’elle avait l’habitude de faire entre les communes de Saint-Loup-du-Dorat et de Saint-Brice. Selon les premières indications, elle avait “quitté son domicile aux environs de 16 heures sur la commune de Saint-Brice”, avait alors précisé la procureure de la République de Laval, Céline Maigné. Cette dernière a par ailleurs tenu une conférence de presse, mardi 9 novembre vers 17 heures. Par ailleurs, contrairement à des informations d’abord divulguées, il semblerait que la jeune fille n’ait pas eu l’habitude de courir dans l’enceinte de la forêt de Bellebranche : son père a effectivement déclaré que sa “fille ne courait pas dans la forêt. Elle a interdiction de le faire. Elle le respecte et elle l’a toujours fait. Elle courait sur des routes autour de la maison.”

Durant sa prise de parole du mardi 9 novembre, la procureure de la République de Laval avait précisé que les investigations menées semblaient confirmer le départ de la jeune fille aux alentours de 16h le 8 novembre 2021. Elle avait ensuite listé quelques éléments du profil de l’adolescente disparue, expliquant notamment que celle-ci ne présentait pas “de particularité notable”, qu’elle était “parfaitement intégrée”, “entourée” et “sportive”. Malgré le large dispositif déployé, Céline Maigné avait par ailleurs rappelé que “les investigations en cours ne font que commencer et sont nombreuses”, précisant qu’elles se déroulaient sur un terrain “à caractère difficile car étendu”. Celui-ci s’étend en effet sur 190 hectares. Dans ce contexte, une enquête pour enlèvement et séquestration avait été ouverte.

Elle avait l’habitude de courir environ une heure, selon les témoignages cités par les autorités. Ne la voyant pas rentrer, lundi 8 novembre 2021 au soir, son père a signalé sa disparition à la gendarmerie vers 18h40. Il s’est ensuite rendu lui-même sur le parcours qu’elle empruntait habituellement. A la lisière du bois, il a découvert sa montre GPS, son téléphone portable et ses écouteurs, qui présentaient des traces de sang. Aussi, France Bleu Mayenne observe que l’application qu’elle utilisait pour enregistrer son temps de parcours, afin de le publier ensuite sur les réseaux sociaux, s’est brusquement arrêtée ce soir-là. Le Parisien a eu accès à une capture d’écran de cette application, où le parcours de la jeune fille est détaillé : à partir de 15h49, la jeune femme aurait couru 1,23 km avant que l’application ne s’arrête à un croisement. Au lycée, où elle est scolarisée, les élèves et les professeurs ont été informés de la situation à leur arrivée en classe et sont extrêmement choqués.

Pour l’heure, l’identité de l’adolescente de 17 ans n’a pas été dévoilée par les autorités judiciaires ou la procureure de Laval. Les seuls éléments communiqués dépeignent le portrait d’une jeune fille sportive et entourée qui n’a aucunement le profil d’une fugueuse. “Elle faisait du sport régulièrement, avec son papa, qui lui, faisait du foot”, témoigne l’un de ses voisins auprès de nos confrères de Ouest France. Le Parisien décrit également, sur la base d’un témoignage d’un de ses camarades de classe, une jeune fille qui “courrait régulièrement, adorait ça et avait une sacrée foulée”. L’adolescent avait précisé au quotidien : “On avait couru ensemble et on avait pas mal échangé car je suis pompier volontaire et elle est de son côté membre des jeunes sapeurs-pompiers”. Scolarisée dans le lycée Raphaël Elizé de Sablé-sur-Sarthe (Sarthe), l’adolescente est actuellement en classe de terminale. Son père travaille dans une usine de la même ville et est très investi dans une association sportive locale.

Selon RTL, lundi 8 novembre au soir, un homme de 42 ans, en état d’ébriété très avancé, a contacté la gendarmerie à de nombreuses reprises, réclamant des nouvelles sur la disparition de l’adolescente de 17 ans. Arrêté le soir même au regard de ce comportement considéré comme “suspect”, il est passé par une cellule de dégrisement avant d’être placé en garde à vue. Le potentiel suspect est, selon LCI, connu pour des faits de droit commun. Pour l’heure, aucune information ne permet d’établir un lien entre l’homme et la jeune disparue.

Cependant, ce mercredi 10 novembre au matin, l’homme a été relâché. Dans un communiqué, la procureure de la République de Laval, Céline Maigné, explique que “les investigations réalisées ont permis d’éclaircir les éléments ayant motivé cette mesure et d’écarter l’implication de la personne mise en cause”.

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